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Pendant longtemps, les cryptomonnaies ont été perçues comme un terrain de jeu réservé aux particuliers et aux start-ups très technophiles. Depuis quelques années, des PME plus « classiques » commencent à se poser la question : peut-on investir une partie de la trésorerie en cryptoactifs ? Et si oui, comment le faire sans prendre de risque excessif sur le plan comptable, fiscal et juridique ?
En 2025, le cadre s’est structuré : règles comptables françaises pour les actifs numériques, fiscalité précisée, réglementation européenne MiCA qui encadre les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN)…
Ce guide a un objectif simple : vous donner une vision claire des enjeux, des bonnes pratiques et des erreurs à éviter avant d’acheter votre premier bitcoin ou stablecoin au nom de votre structure.
Juridiquement, oui, une société peut détenir des actifs numériques à son bilan, à condition que :
Les cryptoactifs sont définis dans le Code monétaire et financier comme des biens incorporels, et l’ANC a précisé leurs modalités de comptabilisation dans son règlement 2020-05.
Concrètement, pour une entreprise qui veut diversifier une partie de sa trésorerie :
Avant d’ouvrir un compte sur une plateforme, il faut poser le cadre stratégique : pourquoi votre entreprise veut-elle investir en cryptomonnaies ?
Les motivations qu’on rencontre le plus souvent chez Perspectives Conseils :
Mais ces motivations doivent être mises en regard de plusieurs enjeux majeurs :
Investir en cryptos, ce n’est donc pas juste « cliquer sur acheter » : c’est entrer dans une logique de gestion d’actif risqué, qui mérite une démarche structurée.
En normes françaises, les règles issues du règlement ANC 2020-05 apportent un cadre pour les actifs numériques.
Pour une société qui détient des cryptomonnaies à titre de placement (et non comme stock marchand ou service PSAN), on retient généralement :
Ce choix n’est pas anodin : il influe sur la présentation des comptes et les tests de dépréciation.
À l’achat, les cryptomonnaies sont enregistrées au coût d’acquisition, frais inclus si on les intègre dans la valeur de l’actif (sinon en charges). Les frais de transaction (commissions de plateforme, spread…) doivent être identifiés pour être correctement comptabilisés et, éventuellement, déduits fiscalement comme des charges financières ou exceptionnelles.
À la vente, on constate une plus-value ou moins-value en comparant le prix de cession au coût d’entrée (ou à la valeur nette comptable si des dépréciations ont été passées). La plus-value vient augmenter le résultat imposable à l’IS, la moins-value le diminue (sous réserve des régimes spécifiques applicables, à analyser cas par cas).
En clôture, si la valeur de marché des cryptoactifs est durablement inférieure à la valeur comptable :
En IFRS, la logique peut être différente (traitement comme immobilisation incorporelle ou actif financier à la juste valeur selon les cas), mais la plupart des PME françaises restent sur le PCG.
La grande différence avec un particulier, c’est que l’entreprise est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Les plus-values et moins-values sur cryptoactifs sont intégrées dans le résultat imposable, avec une approche BIC/IS.
En pratique :
Attention également aux aspects TVA si la société utilise des cryptoactifs pour payer ou se faire payer, ou si elle exerce une activité de services sur actifs numériques (cas des PSAN). Ici, on se concentre sur le cas le plus courant : détention de cryptos comme placement de trésorerie, sans activité crypto professionnelle structurée.
À côté des enjeux purement comptables et fiscaux, il existe un volet juridique et réglementaire à ne pas négliger.
D’abord, le règlement européen MiCA crée un cadre pour les émetteurs de cryptoactifs et les prestataires de services (plateformes, conservation, conseil…). Pour une PME, la conséquence pratique est la suivante : il est fortement conseillé de :
Ensuite, il faut intégrer les cryptoactifs dans la gouvernance interne :
Vous devez rester vigilant sur le risque de confusion entre patrimoine professionnel et personnel. Une entreprise qui achète des cryptos ne doit pas devenir le compte de trading privé du dirigeant. Les flux doivent être traçables, justifiés, cohérents avec l’objet social et les décisions formalisées.
Pour une entreprise qui veut se lancer sans se brûler les ailes, l’idée n’est pas de « faire mieux que le marché », mais de maîtriser le couple risque / lisibilité.
Quelques axes de réflexion :
L’erreur classique, c’est de considérer la position crypto comme un « tiroir à part » qui n’intéresse ni la comptabilité ni le dialogue avec le cabinet. C’est précisément l’inverse qu’il faut faire : plus la classe d’actifs est risquée, plus elle doit être intégrée dans le pilotage global.
En tant que néophyte du sujet, un parcours réaliste ressemble souvent à ceci :
À ce stade, la cryptomonnaie devient un actif comme un autre dans l’entreprise : atypique, risqué, mais maîtrisé et documenté.
Les cryptoactifs ne sont plus un sujet marginal : ils entrent progressivement dans la réflexion patrimoniale des dirigeants… et parfois dans la trésorerie des entreprises. Mais l’enjeu n’est pas d’être « à la mode » : il est de rester conforme, lisible, pilotable.
Chez Perspectives Conseils, nous abordons les cryptomonnaies comme n’importe quel autre actif de votre entreprise :
Vous envisagez d’intégrer les cryptomonnaies dans la stratégie de trésorerie de votre entreprise, ou vous détenez déjà des actifs numériques sans être certain de leur traitement comptable et fiscal ? Parlons-en ensemble et posons un cadre clair : contactez-nous !
Aide à la création d’entreprise, comptabilité et fiscalité, optimisation du statut de dirigeant, conseils en gestion d’entreprise et de patrimoine … Nous accompagnons les entrepreneurs et entrepreneuses tout au long de l’année pour la réussite de leur activité.
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