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Depuis plusieurs années, votre entreprise verse peut-être deux acomptes de TVA dans l’année, en juillet et en décembre, avant de solder sa situation au printemps suivant via une déclaration annuelle. Ce fonctionnement, connu sous le nom de régime réel simplifié, va disparaître au 1er janvier 2027. Toutes les entreprises concernées basculeront alors vers un rythme de déclaration bien plus fréquent, mensuel ou trimestriel. Perspectives Conseils vous explique ce que cette réforme va changer concrètement pour votre gestion administrative et votre trésorerie, avec un exemple chiffré à l’appui, et comment vous y préparer dès maintenant.
Le régime réel simplifié de TVA repose aujourd’hui sur une logique de simplicité, pensée à une époque où l’administration disposait de peu de visibilité en cours d’année sur l’activité réelle des petites structures. Concrètement, votre entreprise verse deux acomptes calculés sur la TVA nette due l’année précédente, à hauteur de 55 % en juillet et 40 % en décembre. Une déclaration annuelle, la fameuse CA12, vient ensuite régulariser votre situation au regard de votre TVA réellement due, avec paiement du solde en mai de l’année suivante.
Ce régime s’applique aujourd’hui aux entreprises dont le chiffre d’affaires de l’année précédente ne dépasse pas 945 000 € pour les activités de vente de biens et d’hébergement, ou 286 000 € pour les prestations de services, à condition également que la TVA exigible sur l’année reste inférieure à 15 000 €. Certaines opérations restent par ailleurs exclues du bénéfice de ce régime, notamment les importations, les opérations immobilières soumises à TVA ou les acquisitions intracommunautaires, qui basculent déjà aujourd’hui au régime réel normal.
L’article 38 de la LF acte la suppression pure et simple du régime réel simplifié de TVA à compter du 1er janvier 2027. Concrètement, la déclaration CA12 et le système des deux acomptes semestriels disparaissent définitivement. Toutes les entreprises concernées basculeront automatiquement, sans démarche particulière de votre part, vers le régime réel normal, déjà utilisé par les entreprises de taille plus importante ainsi que par les sociétés étrangères non établies en France.
Sous ce régime, la déclaration se fait via le formulaire CA3, et la périodicité dépend désormais d’un seuil unique de chiffre d’affaires, qui remplace la distinction actuelle entre vente de biens et prestations de services. Si votre chiffre d’affaires hors taxes de l’année précédente ne dépasse pas 1 000 000 €, avec une tolérance à 1 100 000 € en cours d’année, vous relèverez d’une déclaration trimestrielle. Au-delà de ce seuil, la déclaration devient mensuelle. Vous conservez également la possibilité d’opter volontairement pour une déclaration mensuelle, même en dessous du seuil, un choix qui peut s’avérer pertinent si votre entreprise se trouve régulièrement en situation de crédit de TVA, puisqu’il permet d’en accélérer le remboursement.
Pour mesurer l’ampleur du changement, voici les deux fonctionnements mis en parallèle.
| Régime actuel (jusqu’en 2026) | Régime à partir de 2027 | |
| Formulaire | CA12, une fois par an | CA3, plusieurs fois par an |
| Fréquence | 2 acomptes + 1 régularisation annuelle | Mensuelle ou trimestrielle selon le CA |
| Base de calcul des acomptes | TVA nette due l’année précédente | Aucun acompte, TVA réelle de la période |
| Moment du paiement du solde | Mai de l’année suivante | Immédiat, à chaque déclaration |
| Nombre de déclarations annuelles | 1 | 4 (trimestriel) ou 12 (mensuel) |
Il serait réducteur de voir cette réforme comme un simple changement de formulaire administratif. Le changement le plus structurant concerne le rythme de paiement de votre TVA. Aujourd’hui, avec le régime simplifié, vous versez des acomptes forfaitaires, décorrélés de votre activité réelle de l’année en cours, avant une régularisation différée de plusieurs mois. À partir de 2027, chaque déclaration, qu’elle soit mensuelle ou trimestrielle, reflétera directement la TVA collectée et la TVA déductible de la période écoulée, avec un paiement immédiat de la somme due.
Prenons le cas d’une entreprise de prestations de services au régime réel simplifié, avec une TVA nette due de 12 000 € l’année précédente. Aujourd’hui, elle verse un acompte de 6 600 € en juillet (55 %), puis 4 800 € en décembre (40 %), soit 11 400 € au total sur l’année, avant de régulariser le solde éventuel en mai suivant. Ces deux échéances sont connues à l’avance et peuvent être budgétées plusieurs mois en amont.
Si cette même entreprise réalise un chiffre d’affaires inférieur à 1 000 000 € et bascule donc en déclaration trimestrielle à partir de 2027, elle devra, à chaque trimestre, calculer et verser sa TVA réellement due sur la période, sans lissage ni prévisibilité comparable. Si son activité connaît un pic saisonnier sur un trimestre donné, par exemple un quadruplement du chiffre d’affaires en fin d’année pour une activité liée aux fêtes, la TVA à décaisser sur ce seul trimestre peut représenter une somme bien supérieure à l’un des deux anciens acomptes semestriels, sans le matelas de trésorerie qu’offrait le système précédent. C’est ce décalage entre prévisibilité budgétaire et réalité de l’activité qui constitue le principal point de vigilance de cette réforme.
Cette suppression du régime simplifié (que nous avons pu recommander par le passé) ne survient pas isolément. Elle s’inscrit dans le même mouvement que la généralisation de la facturation électronique obligatoire, dont la première échéance de réception s’applique déjà depuis le 1er septembre 2026 pour toutes les entreprises assujetties. Une fois vos factures nativement transmises sous forme électronique structurée, l’administration dispose d’une vision en temps quasi réel de votre activité, ce qui rend l’ancien système d’acomptes forfaitaires moins pertinent qu’il ne l’était à l’époque de sa création.
C’est également un outil de lutte contre la fraude à la TVA. Le délai de plus de quinze mois qui pouvait s’écouler entre le début d’activité d’une entreprise et sa première échéance de régularisation sous le régime simplifié a longtemps facilité certains montages frauduleux, notamment via des sociétés éphémères créées dans le cadre de carrousels de TVA. En resserrant la fréquence des déclarations, l’administration réduit mécaniquement la fenêtre d’exploitation de ce type de montage.
L’année 2026 reste, pour l’instant, une année de transition, aucune nouvelle obligation ne s’impose encore à vous. C’est en revanche le moment idéal pour vous y préparer, avant le basculement automatique du 1er janvier 2027.
Calculez d’ores et déjà votre chiffre d’affaires hors taxes sur l’année 2026, pour savoir si vous relèverez d’une déclaration trimestrielle ou mensuelle à partir de 2027.
Vérifiez que votre logiciel de comptabilité ou de facturation est prêt à produire des déclarations CA3 selon la nouvelle périodicité, la plupart des éditeurs ayant déjà commencé à intégrer cette évolution.
Si vous transmettez vos pièces comptables à votre cabinet de manière espacée, envisagez de resserrer ce rythme dès maintenant, car une TVA déclarée mensuellement ou trimestriellement suppose une comptabilité tenue à jour en continu, et non plus seulement en fin d’exercice.
Anticipez l’impact sur votre trésorerie en simulant, dès maintenant, ce que représenterait un paiement de TVA réel et régulier plutôt que des acomptes lissés, en particulier si votre activité est saisonnière.
Si votre entreprise se trouve structurellement en situation de crédit de TVA, évaluez dès à présent l’intérêt d’opter pour une déclaration mensuelle, qui accélère le remboursement de ce crédit et peut ainsi améliorer votre trésorerie plutôt que la fragiliser.
Cette réforme ne concerne que les modalités déclaratives et le rythme de paiement, elle ne modifie ni les taux de TVA applicables à vos opérations, ni les règles de déductibilité de la TVA sur vos achats, ni votre régime d’imposition sur les bénéfices. Les entreprises bénéficiant de la franchise en base de TVA ne sont pas non plus concernées par cette réforme, puisqu’elles ne facturent ni ne déclarent de TVA. Seules les entreprises aujourd’hui au régime réel simplifié sont donc directement visées par ce basculement.
Cette réforme, bien qu’automatique dans son application, demande une réelle anticipation sur le plan organisationnel et sur celui de votre trésorerie. Chez Perspectives Conseils, nous accompagnons nos clients dans la vérification de leur régime de TVA, l’adaptation de leurs processus comptables et le pilotage de leur trésorerie à l’approche de ce changement de rythme. N’attendez pas le 1er janvier 2027 pour vous y préparer, contactez-nous dès maintenant pour faire le point sur votre situation.
Aide à la création d’entreprise, comptabilité et fiscalité, optimisation du statut de dirigeant, conseils en gestion d’entreprise et de patrimoine … Nous accompagnons les entrepreneurs et entrepreneuses tout au long de l’année pour la réussite de leur activité.
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